En vous baladant un peu sur ces pages, vous trouverez des articles certes bien différents les uns des autres...
Et vous pourrez aisément observer l'évolution de son auteur, en bien ou en mal, c'est ce que je suis en train de me demander...
A l'âge de douze ans, je rêvais d'en avoir quinze. Quinze ans, l'âge du Prince Eric, de Baudoin, de plus d'appareil dentaire, des lentilles, d'être CP, l'âge de la jeunesse Signe de Piste, l'âge d'or pour l'héroïsme et l'épanouissement au service d'une quelconque brillante cause, l'âge de passer à tous les stands à Aqua City.
Evidemment, il n'en fut rien, je ne fus pas Eric, je ne fis pas d'action grandiloquente, je ne retrouvais pas de trésor enfoui ni ne capturais aucune bande de dangereux malfaiteurs qui auraient fait se pâmer les jeunes hommes, si tant est que les jeunes hommes dignes de se nom se pâmassent. ( Applaudissez moi, j'ai quand même le mérite d'avoir réussi à caler un imparfait du subjonctif dans mon petit textuscule! Et non, aucune idée derrière la tête quand j'écris ce dernier mot.)
A quinze ans, il m'arrivait d'y songer entre deux tags royalistes lorsque ma pensée cotonneuse et adolescente arriver à surgir d'un brouillard de métal et de rébellion anti- tout. A quinze ans, je faisais des projets de vie, je dressais les plans de mon futur bonheur: je serai premier ministre et concertiste et mère de 8 enfants. Premier ministre du Sri Lanka, pour un peu d'exotisme, ou même maître du Monde, tiens, pourquoi pas!
A quinze ans, je me disais que l'âge d'or, c'était sûrement dix sept ans, l'âge où l'indépendance nouvellement acquise par le relâchement de l'autorité parentale ( Et oui! Plus de fessées et du vin à table!) permet la liberté totale, mon frère.
Dix sept ans, le début d'une vie étudiante, les soirées qui se rajoutent aux soirées, c'est bien chouette, mais une certaine lassitude nous gagne rapidement devant ces jeunes qui commencent déjà à avoir une âme de vieillard - dont "Dieu puisse- t - il avoir pitié", rappellerais-je...- , se trémoussant de plus en plus vulgairement, et qui, une fois le dos des parents tournés, abandonnent le rock et passent à la techno et à l'électro qui entraînent irrémédiablement une attitude de pute pour les filles et un taux de chope absolument effarant: soyons francs!
Les années passent encore...
Et puis soudain, on vit un grand amour, on rentre dans le supérieur, on joue sa vie, on a des concours, des prestations où nous sommes l'unique prestataire, l'unique concertiste ou orateur ou présentateur ou que sais-je, on s'aperçoit que si l'on se retourne, on voit quoi?
Sa jeunesse. Son adolescence. Son innocence. Sa pureté.
Alors, on se dit qu'il est peut-être encore temps, qu'on a peut être pas encore tout crâmé, on se met à travailler pour la première fois, on écoute BFM et radio classique d'avantage que NRJ et Fun, et on aime ça. On regrette d'avoir l'esprit si mal tourné, on regrette son langage ordurier, on regrette de ne pas avoir été l'adolescent pur et lumineux que nous rêvions d'être, gamin, on regrette de tout connaître si tôt dans la vie, on regrette déjà nos erreurs, on regrette l'enfant que nous étions, si sûr de ses valeurs même si celles- ci étaient encore si naïves et demandaient de l'évolution...
Quelqu'un qui écrit Vive le Roy sur tous les murs ne vaut- il pas plus que celui qui ne va pas voter parce qu'il est occupé à quoi que ce soit d'une autre importance pour lui?
Et pourtant, lequel est jugé gamin...
Puissions- nous retrouver une âme d'enfant.
zik